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Faded Halo, 2016

Cendres de poèmes brûlés place Maidan, verre, métal,

120x120cm

Vue de l’expostion «Conversation» Narrative Projects Gallery, Londres.

Faded Halo se présente comme une mosaïque de cendres, restes d’un poème écrit à Kiev sur la place Maidan puis brûlé au même endroit. Deux ans auparavant, des barricades enflammées envahissaient cette même place. Plus qu’un appel au souvenir, l’artiste réactualise les évènements dont la temporalité efface naturellement la vitalité mais dont les esprits sont encore empreints. Bien que la place fut vidée de ses brûlures, les cendres sont toujours prêtes à être révélées pour errer à nouveau dans les rues de la ville. Faded Halo est la présence mystique qui demeure, le repère physique auquel s’attache le souvenir. Faded Halo doit être compris comme un tout: une action qui se fige éternellement en une finalité visible et palpable.

 

«Tout poème est daté. Sa provenance est marquée en lui. Il commémore un événement qui ne reviendra jamais [naissance], mais qui revient quand même à chaque lecture [anniversaire]. C’est une expérience de la langue dans laquelle les mots sont des spectres. Comme les spectres, ils sont familiers avec la perte. Leur origine a été oubliée. Ils sont inéluctablement morts - mais même le deuil est impossible car on ne peut pas les incorporer. Au-delà du deuil, les mots n’ont pas disparu, ils surgissent comme des revenants. Ce surgissement est une expérience de la langue qui marque la poésie, la littérature et l’art. Le spectre est double : il est originaire et oubli de l’origine. Il n’est pas vraiment présent (c’est un fantôme) et pourtant il est là. C’est un revenant. Inéluctable, ici, veut dire sans reste. S’il n’y a pas de reste, la perte est irrémédiable

Jacques Derrida

Past halo, 2016